COMPORTEMENT, SAVOIR VIVRE
RESPECT
DES UNS ENVERS LES AUTRES (et inversement) :
Dans mon article sur les gîtes d'étapes, je vous fais part d'un article que j'ai lu dans un magazine, faisant état de la « morgue » des pèlerins. Article qui a résonné bien faussement à mon oreille lorsque j'ai rencontré « l'authentique » habitant du pays cité face à ces fameux pèlerins prétendument pleins de morgue…
Mais reconnaissons qu'il faut être vigilants sur notre comportement.
Je vous livre mon ressenti, que vous lirez je l'espère avec bienveillance.
Il est vrai que nous arrivons dans les villes et villages d'étapes un peu en conquérants : nous poussons les autres avec nos gros sacs à dos, nous prenons toute la place dans les petites boulangeries, nous parlons fort, nous faisons les grands fatigués, on doit prendre notre dur périple en considération (pour cela, nous affichons ostensiblement, pour certains, une coquille pour dire que nous faisons partie de la confrérie, un peu comme une loge maçonnique ou un compagnonnage) nous voulons un tampon pour notre fameuse créanciale (ou crédential), nous exigeons d'avoir le style de chambre réservé plusieurs semaines voire plusieurs mois auparavant par courrier ou par téléphone. Nous prenons parfois une bonne partie de la chaussée, obligeant les voitures à faire des écarts considérables. Nous sommes pressés de prendre notre chambre, de prendre notre douche, de manger, de dormir. Pressés, toujours pressés.
Pour le coup, c'est pas de la méchanceté, ni de la morgue mais c'est bien de l'indélicatesse.
Pour les non avertis, je vous rassure, on ne fait pas tout ça en même temps, quoique pour certains…. Mais qui peut jurer de n'avoir jamais fait un de ces gestes manquant de délicatesse ?
Je me souviens de notre arrivée à plusieurs dans le petit café chez Régine, dans l'Aubrac. Les quelques clients assis au bar et discutant tranquillement avec Régine se sont retrouvés littéralement « envahis » par notre bruit, notre empressement à commander des boissons chaudes, payer des cartes postales, poser nos gros sacs, nos bâtons, etc. Je revois encore leurs regards qui n'étaient pas du tout bienveillants. Et Régine semblant un peu dépassée par les évènements. Mais nous, on était bien, on se régalait, on était entre amis, on appréciait tant ces petits moments de convivialité avant de reprendre notre solitude de marcheurs. Oui, qu'est-ce qu'on se sentait bien. Et puis, au bout du compte, Régine n'a-t-elle pas fait un bon chiffre ce jour-là ? Mais qu'ont pensé de nous ces quelques clients tranquilles ? Si paradoxal tout ça. Le « vivre ensemble » n'est pas toujours évident.
J'ai même discuté avec une commerçante de Navarrenx qui m'en a raconté une bien bonne : des pèlerins sont rentrés dans son épicerie, se sont servis et sont repartis sans passer par la caisse. Rappelés par la commerçante, ils pensaient que c'était « gratuit » pour les pèlerins. C'est un peu exagéré mais c'est symptomatique.
Côté commerçants et hôtes et hôtesses du chemin : la plupart rencontrés ont été adorables, très gentils, à notre écoute, souriants. Pour sûr que quelques uns se sont trompés de métier mais ça ne fait rien, on ne retient que les premiers. Au mois de mai, il doit être très dur pour eux de jongler entre ceux qui ne réservent pas du tout et auxquels il faut bien trouver une place tout de même, (c'est pourtant ceux-la même qui devraient être les premiers servis) ceux qui ont réservé la veille, ceux qui ont réservé des semaines à l'avance, ceux qui ont payé et qui veulent avoir absolument la prestation qu'ils ont payée, ceux également qui ont réservé dans divers établissement de peur de manquer de place ou en se disant, on verra bien où on arrivera ce soir et qui oublient de téléphoner là où il ne se rendront pas, pour décommander. Ceux qui arrivent en taxi et qui font suivre avec eux plein de bagages que les hôtes doivent gérer pendant que les randonneurs randonnent.
Vers Cahors, une propriétaire de chambres d'hôtes avait préparé un repas pour une dizaine de personnes et finalement, elle n'a pas eu le nombre escompté et s'est retrouvée avec ses repas sur les bras. Pas très sympa de la part des gens qui ont réservé.
J'ai pu constater également la véritable « colère » d'une pèlerine qui n'avait pas eu exactement les deux lits qu'elle avait réservés, mais 2 autres, pourtant dans la même pièce.
Enfin, ça sent la foire d'empoigne quoi : les chemins du Puy victimes de leur succès.
Vous me direz que tout ça fait travailler bien du monde et qu'ils sont bien contents de ce coup de feu des mois de mai et juillet/août, bien qu'ils préfèreraient un travail moins lié à la saisonnalité et mieux réparti sur une année.
Mais même si c'est exact, c'est un peu facile de se disculper et de dire qu'ils « gagnent de l'argent grâce à nous ».
Et puis, entre pèlerins, il y a beaucoup d'amitié mais il y a aussi de véritables inimitiés, intolérables me direz-vous sur un tel parcours, mais vous croyez qu'on change l'âme humaine sur un chemin balisé d'une coquille, vous ?
Sans aucunement parler d'inimitié, je n'ai moi-même, pas toujours fait preuve d'une grande gentillesse. Je me suis refermée sur moi-même et sur ma douleur et ai refusé assez froidement toute approche que je ressentais comme « trop amicale ».
Il semble qu'il manque simplement de respect mutuel. ZEN. Soyons et restons ZEN. Ne demandons pas trop, pensons aux autres, faisons preuve d'empathie. Faisons une B.A. ; si ça n'est pas pour une chrétienne raison, il paraît que ça libère des endorphines pendant plusieurs heures après l'avoir accomplie…. N'hésitons pas…..
Et pensons surtout, surtout que nous avons la C H A N C E d'être à notre place, tout le monde n'a pas cette chance, c'est tout de même un budget que d'aucuns ne peuvent se permettre. Alors faisons également preuve d'humilité.
Voilà, ça fait un peu donneuse de leçons mais c'est du vécu.

Commentaires
stef30 le 18/11/2008 à 10:33:35bonjour
je suis entièrement d'accord
sur le chemin en juillet 2008 on a passé pour des extras-terrestre avec notre gros sac et tous notre matériels (tente,duvet,popote etc...)ca semble bizarre à certains "pelerins" que des personnes pouvais voyager avec tous leur bardas
on les a éviter et on a suivi notre chemin et toujours avec notre chargement évidement et en 2009 on remet ca
en espérant avoir autant de bons souvenirs qu'en 2008 et toujours en camping ou bivouac avec autorisation des propriétaires des lieux
ultreia
stef