LES RENCONTRES
Ami épris de solitude absolue, passe ton chemin (ailleurs que sur le chemin de Compostelle, si possible).
Que d'amis rencontrés, que de gaieté, de gentillesse :
- les deux belges : Hophra, avec son caddy pour porter son sac et son ami, Hubert, qui nous faisait l'imitation de Johnny Halliday et son "Optic 2000" : notre Johnny était malheureux de ne pas faire la bringue le soir ! Ne voulait pas se coucher comme les poules. Ont terminé à Roncevaux, comme moi. Nous sommes revenus ensemble et avec un américain, en partageant un taxi, nous étions donc 4 et ça nous a fait un retour en taxi pour un prix modique. J'avais pas assez de sous et Hubert m'a passé un peu d'argent... Au fait, je dois vous dire, si vous lisez ces lignes que j'ai bien fait de ne pas aller avec vous à Moissac pour 70 €, j'ai trouvé quelqu'un qui revenait sur Toulouse, pile-poil où je devais me rendre, ça m'a coûté 12 €, le prix de l'autoroute, j'ai bien fait, voyez...
- Vincent du Puy en Velay, qui a commencé avec moi dans cette belle ville et qui a terminé avec sa petite famille qui est venue le chercher à Conques. A eu beaucoup de mal au début, il pensait même abandonner et en pleine forme peu de temps après... Un bavard ce Vincent... Mais sait plein de choses sur tous les pays traversés (surtout en géologie), c'est une aubaine ! Marqué par l'amitié du chemin, je crois bien qu'il s'est découvert aussi une âme de randonneur et de pèlerin...
- le Vosgien, Philippe, avec son béret et son inimitable accent, a terminé à Figeac : il avait un sac lourd comme un âne mort (comme on dit dans le midi) et il s'en voulait à chaque pas d'avoir emmené tant de bazard... Je regrette de ne pas l'avoir quitté un peu plus chaleureusement, enfin, j'étais sûre qu'on se reverrait à Figeac et ça n'a pas été le cas. Alors Vosgien, je te fais une grosse bise.
- Edith et André qui venaient d'un petit village à côte du Mans. Du Puy jusqu'à St Jean Pied de Port pour eux. Ont fait la partie espagnole avant la partie française. André a sans aucun doute préféré la partie espagnole. A regretté en France le manque de convivialité et les grandes tablées. Peut-être un peu plus tourisme pur en France et moins pèlerinage qu'en Espagne. Edith a fait rigoler tout le monde avec son sèche cheveu dont elle se servait tous les matins mais faut dire qu'il m'a été bien utile pour faire sécher mes godasses le matin à Figeac... André a été, et je ne l'en remercierai jamais assez, à l'origine d'un fou-rire mémorable, libérateur, que j'ai eu -que nous avons eu- à l'auberge chez Germaine à Aubrac. Quelle rigolade avec l'aligot...
- Sylvianne et Pierre, des environs de Toulon. Sont partis du Puy également et ont arrêté à St Jean. Ont fait la vallée du Célé par Rocamadour et se sont régalés. Bien entrainés dans les Alpes, ont fait le chemin sans effort apparent. Sylvianne pensait que les pèlerins seraient recueillis et tristounets ben c'est raté, elle a rigolé un maximum, surtout avec André qui ne manque pas de dire une bonne vanne. Si un jour je fais le GR 4 et que j'arrive à Grasse, j'irai les voir...
- Christiane, venue de Genève (elle habite à Thonon), la plus sportive d'entre nous. Et la seule du groupe le plus proche, qui va jusqu'à Compostelle. A l'heure où j'écris, elle a dû dépasser Burgos et doit attaquer la Galice. Accent bien prononcé de Thonon notre Christiane. Elle se trainait une autre paire de godasses de rando dans son sac à dos, de peur que celle qu'elle avait aux pieds ne lache. Faut dire que ses galoches avaient été recollées à la colle néoprène. Passionnée par plein de choses... Dernières nouvelles : ça y est, elle est revenue. Enfin signe de vie de Christiane. Elle va pouvoir nous raconter...
- Le grand Suisse, Patrick : grand, imposant, barbu, jeune, une belle voix, une guitare et une gentillesse phénoménale celui-là. Parlait un peu le français, venait des alentours de Zurich et allait jusqu'à Compostelle. A "rencontré plein d'amour sur le chemin" et en est très heureux. La dernière fois que je l'ai vu, c'était dans la montée des Pyrénées, après l'auberge d'Orisson. C'est à ce moment-là que j'ai mis en route le turbo pour passer à la vitesse supérieure...
Le gentil Patrick et sa guitare... (merci Christiane pour la photo)
- les deux Ecossais, l'un était dans la création de jardins, parlait un excellent français, l'autre était dans l'archéologie je crois et parlait peu le français. Se sont véritablement régalés de tout : la nourriture, le chemin, les monuments, le vin, les fleurs, le patrimoine, enfin tout quoi... Très gentils, très gais, très intéressants et intéressés par plein de choses. Ont terminé dans le Gers je crois, je les ai perdus de vue vers la fin de leur périple. La dernière fois que nous nous sommes retrouvés dans un gîte d'étape, c'était à Eauze...
- François, 72 ans je crois (ne te vexe pas François si tu as moins, je ne me souviens pas de ton âge). Originaire du Rhône il me semble. Nous étions tous surpris de le voir toujours présent à chaque étape. Surtout qu'il ne réservait pas du tout et trouvait toujours une chambre et nous étions en plein mois de mai ! Il marche d'un bon pas François. La première fois que je l'ai rencontré, j'ai été un peu surprise voire décontenancée : il demandait en premier à la personne qu'il rencontrait sa profession ! J'ai été surprise et je n'ai pas apprécié. Pour ma part, c'est bien la dernière chose que je demandais aux rencontres sur le chemin. Mais le moment d'étonnement passé, j'ai fait un bout de chemin avec lui et il m'a aidée. Je l'en remercie. Non François, je n'ai pas encore acheté le livre mais ça viendra, chaque chose en son temps pour moi. La dernière fois que je l'ai vu, c'était à l'accueil pèlerin de St Jean Pied de Port, on venait le chercher pour le mener à son gîte d'étape. Il a dû continuer sur l'Espagne.
- Yolaine, la Rouennaise, un petit bout de chemin en sa compagnie. Rencontrée au gîte d'étape de Cajarc, un bout de chemin puis on s'est quittées et retrouvées sur l'étape Varaire-Cahors. Je reposais ma jambe. Nous avons dîné ensemble à Cahors, un bon souvenir, nous avons bien discuté toutes les deux. Elle catholique, moi perdue. Elle repartait le lendemain pour arrêter à Moissac. Elle fait un tronçon tous les ans. Comme je suis restée deux nuits à Cahors, nous ne nous sommes plus revues. Ce que j'ai apprécié chez elle : son agréable compagnie, ses propos très intéressants et son calme, mais alors un calme, à peu près tout le contraire de moi. Ca fait du bien.
- Le peintre, je ne me souviens plus de son nom. Ancien cheminot, il s'est mis à dessiner à la retraite et croque tout ce qui lui plait sur un petit carnet : vieilles portes, églises, chapelles, beaucoup de bâti, d'une manière générale. Il a beaucoup de talent et le soir il reprend ses croquis et les termine en aquarelles. Il prenait donc son temps pour marcher, faut dire qu'il avait déjà fait le chemin. La dernière fois que nous nous sommes vus, c'était dans le gîte d'étape d'Espalion, le lendemain, il dormait à Estaing alors que moi je filais sur Golinhac.
Le peintre en pleine action sur son petit carnet à croquis...
- Le petit jeune qui avait renvoyé ses grosses godasses de rando quand il pensait qu'il ferait chaud dorénavant ! Manque de bol, le lendemain, il a fait une tempête de neige et il a marché avec ses sandales et les pieds et chaussettes (sur recommandations d'Edith et moi) recouverts d'un sac plastique. Je ne sais pas comment il a fini son étape ! S'est acheté des godasses d'occas à Espalion. Il dormait lui aussi à Estaing alors je ne l'ai plus revu. Il était sympa.
- Notre couple d'amoureux, Alice et Christophe (merci Pierre) -pas encore mariés, ils se marient le 30 août- ils disaient en rigolant qu'ils étaient "en voyage de noce"- comme disait André, pour une nuit de noce, c'est pas terrible dans les gîtes d'étapes et en dortoirs !!! Ils étaient du Nord, enfin rectifions du Pas-de-Calais. Adorables ces deux-là, très ouverts à tout le monde, gentils, souriants, des petits amours. Elle est infirmière et lui ingénieur. Je leur souhaite tout plein de bonheur. Nous les avons quittés à Figeac où nous avons pris notre repas ensemble. Si quelqu'un a leur adresse mail...
- Ikyo le Japonais qui voyageait sur les petites routes avec son caddie,
- Sylvain, l'homme tranquille qui a partagé la tente-bâche avec moi,
- Pierre le Breton du Morbihan qui a terminé à Navarrenx,
- Anja, la "grande Hollandaise rousse" qui venait de son pays à pieds et qui allait jusqu'à St Jacques, et qui marchait à une allure, mais une allure...
- beaucoup de petites Suissesses aussi charmantes les unes que les autres,
- Robert d'Orléans, qui a commencé à marcher avec Vincent du Puy et qui a terminé dans l'Aubrac je crois mais je ne me rappelle plus où,
- Les deux filles de Bordeaux, l'une des deux est infirmière : très sympas, intéressantes et pleines d'humour (j'entends encore André leur disant, en les aidant à ouvrir la bouteille de rouge "qu'est-ce que vous feriez sans nous les hommes, les filles", t'as raison mon André). De bonnes compagnes de route y'a pas à dire.
- au tout début, il y a eu aussi un grand père et son petit fils. Le petit fils, très beau, un peu typé, dans les 18 ans, qui était pèlerin avec son grand père. Le papy, paraît-il faisait bouillir son eau pour son thé, rituellement, tous les matins à 10 H pétantes. J'ai trouvé l'idée de rapprochement de ces deux générations très intéressante et certainement très enrichissante, pour l'un comme pour l'autre.
- et ce couple d'Américains de New York (merci Vincent). Ont fait une bonne partie du chemin avec nous, depuis Le Puy. La femme avait de gros problèmes de pieds. Je crois bien que la dernière fois que je les ai vus, c'était vers Figeac, je ne me rappelle plus bien. Ils ne parlaient pas bien le français tous les deux, ça les isolait un peu de ce fait. Désiraient aller jusqu'au bout.
- et Danielle, j'avais oublié Danielle : rencontrée une seule soirée à l'étape de Figeac mais marquée par sa gentillesse. C'est drôle comme parfois certaines personnes vous touchent. De bonne composition, amusante, s'amusant de tout, participant à nos blagues d'entrée de jeu, en une soirée et un repas pris ensemble, on avait l'impression de la connaître depuis longtemps comme une bonne copine. Elle nous a aidés, André, Edith et moi à sécher nos godasses au sèche cheveu le matin. Elle terminait là pour sa part. Pas toute jeune mais une pêche...
- et puis, ça me revient, ça me revient les amis : Sylvestre, Corse de Marignane, (merci à l'inconnu "gc" qui m'a donné son nom) qui entamait puissamment un chant religieux dans chaque église ou chapelle. Qu'est-ce qu'il avait une belle voix : claire et forte. Dans la langue de son pays mais on reconnaissait "Santa Maria". On le suppose très catholique. Comme a dit une des jolies Suissesses qui était à côté de moi lors d'un de ses chants "on a les poils des bras qui s'hérissent en l'entendant". C'est vrai qu'avec la sonorité, différente selon l'endroit, c'était magique. De plus, il avait un joli crayon spécial dont il se servait pour mettre quelques mots sur le livre d'or, en lettres gothiques, très beau. Y'a pas à dire, de la personnalité celui-là. Aidez-moi, qu'est-ce qu'il écrivait sur les livres ?
J'ai ma réponse grâce à la photo que Christiane vient de m'envoyer, intitulée "passage de Sylvestre" ...
- encore une personne dont je viens de me rappeler ! Un monsieur d'origine espagnole, qui vient de Caen. Il entretenait sur son compte -sans doute avec amusement- un mystère sur ce qu'il faisait exactement. Il faut dire qu'il avait une drôle de façon d'aborder le camino : il faisait suivre sa voiture et le soir, après l'étape, il repartait à l'étape précédente soit par le car, soit par taxi, pour récupérer sa voiture. C'était vraiment pas ordinaire... Mais à Larribar, je l'ai vu pique-niquer sur la place du village avec sa femme et je me demande si, en fait, sa femme ne suivait pas en voiture. Je l'ai rencontré pour la première fois au gîte d'étape d'Eauze et pour la dernière fois à Larribar, donc. Il semblait, dans les gîtes d'étapes communaux, pas très à l'aise et peu habitué à ce style d'hébergement. Un peu hautain, mais il faisait des efforts pour accéder à la convivialité qui sied sur le chemin. Je n'ai pas spécialement sympathisé avec lui mais nous avons fait un bout de chemin ensemble...Enfin, le mystère restera entier.
…d'autres encore mais patience, patience.... ça va me revenir et ça vous permettra de revenir sur mon blog.....

Commentaires
philippe Geiger le 01/09/2008 à 10:12:26J'ai renconté le grand Suisse Patrick à Livinhac le Haut au gîte communal et nous avons fait un bout de chemin jusqu'à Figeac où il est allé au Carmel, gîte pélérin il était très sympathique et imposant 120 kilos.
elisabeth torres le 01/09/2008 à 21:58:29
oui, mais il était content, il avait perdu un peu de kilos ! Je l'ai beaucoup apprécié, un garçon bien et d'une grande gentillesse. Il avait fait beaucoup de progrès en français, sympa aussi pour étudier les langues, le chemin de St Jacques !
philippe Geiger le 02/09/2008 à 18:38:29
J'ai doublé le Japonais avec son caddie sur la départementale entre Aubrac et St Chély le jeudi 1er mai quant à Anja je pense qu'elle a lu qqchose en hollandais le dimanche 4 mai à Conques à la célébration du soir, j'ai lu en français et en anglais
elisabeth le 05/09/2008 à 08:48:22
A priori, à ce moment là, tu étais une étape en arrière par rapport à moi puisque le 1er mai j'arrivais à Espalion. A Navarrenx, nous avons été reçus à l'église, nous avons annoncé un par un d'où nous venions et c'était très chaleureux puisque, en fait, de loin en loin, nous nous connaissions un peu tous. J'ai bien aimé. Le grand Patrick s'est exprimé en français bien évidemment, et a conclu son intervention par un grand rire chaleureux qui a résonné dans cette église. Bon souvenir.
alice et christophe le 15/02/2009 à 22:03:13
Super ce blog!! Les photos sont magnifiques, nous avons hâte de reprendre le chemin
Depuis, nous nous sommes mariés et sommes partis en voyage au Mexique, c'était très dépaysant.
A bientôt.
elisabeth le 22/02/2009 à 10:31:19
Enfin des nouvelles d'Alice et Christophe ! la petite communauté formée sur le chemin est encore bien là. Pour ma part, bientôt grand-maman, la vie quoi...