MON CHEMIN, DU PUY EN VELAY à RONCEVAUX...

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LES PAYS TRAVERSES

J'ai découvert la France des régions, non pas celles créées lors des découpages administratifs en départements et plus récemment en régions. Mais la France des "pays" : le Velay, la Margeride, le Gévaudan, l'Aubrac, Rouergue, Quercy noir, Quercy blanc, etc.

Où se situe la différence ? Explication : lorsque vous traversez la limite administrative d'une région ou d'un département, vous ne voyez aucun changement, si vous n'avez pas de carte ou si vous n'avez pas les panneaux du style "Vous entrez dans le département du ..." rien ne vous l'indique.

Alors que lorsque vous utilisez vos jambes au service de la pure pérégrination, vous découvrez que les anciennes régions françaises sont véritablement très marquées, je pourrais même dire que sur une étape, voire parfois 1/2 étape soit 15 km environ, vous passez d'une région à une autre.

Qu'est-ce qui change ?

Principalement le sous-sol et tout part de là en fait :

- géologie différente donc maisons construites en matériaux différents, on passe d'une vallée de maisons en granite aux maisons en calcaire, du calcaire aux galets lorsque l'on traverse une plaine alluviale. Bien évidemment ceci est vraiment flagrant sur l'habitat rural ancien, les constructions neuves n'ont malheureusement pas de différences si marquées, quoique..

- toitures différentes, également tributaires des matériaux disponibles dans le coin,

- le sous-sol différent induit une flore différente,

- il induit également des cultures différentes donc les champs peuvent changer complètement sur quelques kilomètres (on passe des prairies herbeuses pour les vaches aux chênes blancs truffiers),

- l'ouverture des vallées peut également créer des modes de constructions différentes,

Tout ceci est si perceptible que c'en est une géographie à ciel ouvert ! Une géographie sur le terrain, non dans les livres ! Vraiment fabuleux ce plaisir d'arpenter notre pays à pieds 

VELAY :

Je ne connaissais pas du tout ce pays mais je l'ai trouvé vraiment très beau. Les petites églises en pierre volcanique rougeâtre : St Christophe sur Dolaison vraiment magnifique, la petite chapelle de Rochegude, certainement la plus petite qu'il m'ait été donné de voir, sur un promontoire ; le rouge de la terre où poussent les fameuses lentilles du Puy, l'habitat rural en gros moellons, les collines douces, verdoyantes et fin de ce beau pays dès que l'on monte après Monistrol d'Allier. A la fin de la montée : arrivée du granite, on est sur la Margeride.

MARGERIDE :

On trouve le pays un peu rude et triste lorsque l'on vient de la douceur du Velay. Mais on apprécie vite le granite gris, les toits d'ardoise noire, les poteaux des clôtures également en granite et surtout les odeurs. Les pays de granite sont des pays à odeurs : odeur des genêts, odeur des pins et sapins, odeur des mousses. Je ne peux pas vous dire plus : ces pays sentent bon. Est-ce dû à la chaleur restituée par le granite sur la terre ? De la Margeride à l'Aubrac : ça sent bon la terre et le végétal tout simplement.

AUBRAC :

En théorie, on y passe dès que l'on passe la superbe rivière de la Truyère au hameau des Estrets mais Vincent m'a appris a reconnaître le "vrai" Aubrac : il n'y a plus d'arbres, tant que l'on peut voir des arbres : pins, sapins, on est encore dans la Margeride, car dans l'Aubrac : y'a plus d'arbres, uniquement des prairies, des tourbières et des drailles. Donc vous êtes en Aubrac après les Quatre Chemins (et votre petit coup bu chez Régine - ceci dit, vous pouvez manger un aligot et une énorme part de tarte aux myrtilles mémorables chez Germaine à Aubrac !!).

ROUERGUE :

Fabuleuse différence dans le très beau petit village de St Chély d'Aubrac : vous êtes descendus du plateau d'Aubrac, vous arrivez dans une très belle vallée, et les toits sont vraiment soudainement différents, la belle et douce courbure des charpentes, les douces couleurs des toitures : vous êtes dans le Rouergue. Vous allez y rester un moment, et vous pourrez dire comme dans mon guide "la radieuse vallée du Lot" et c'est tellement vrai !...

En Rouergue, beaucoup de charpentes en carène de bâteau "à la Philibert Delorme" (voir à ce propos la très belle exposition dans la chapelle de Bouysse située en rentrant dans St Côme sur la droite, qui parle également des clochers en vrille -ou clochers tors- en Europe)

VALLEE DU LOT :

A partir de Decazeville, vous êtes dans la vallée du Lot, que j'ai, pour ma part, moins appréciée. Il faut dire que les étapes précédentes étaient si belles que la barre était placée vraiment trop haut (mis à part Figeac, qui est une ville vraiment remarquable). Vous quittez cette vallée verdoyante après Figeac et dès que vous arrivez sur les hauteurs du plateau à partir de Beduer.

CAUSSE DU QUERCY NOIR :

Sol calcaire, plein de "trous", pierre comme mangée par de l'acide, chênes blancs, beaucoup de buis, des orchidées : vous êtes bien sur le Causse et celui du Quercy noir. Pays de la truffe. Les paysans vous disent "y'en a plus guère ici dans ma parcelle, y'en avait avant mais plus maintenant ! Mon oeil... Je n'y crois pas un seul instant...

Très belles étapes qui se suivent. Cazelles (que l'on appelle capitelles autour de Nîmes) toujours d'une grande beauté par leur pureté de lignes. Peu de boue, beaucoup de cailloux. L'étape Varaire-Cahors nous montre des forêts de chênes blancs tout à fait remarquables : truffières à leurs pieds. Fin du Quercy noir à Cahors.

CAUSSE DU QUERCY BLANC :

Au dessus de Cahors, après le superbe pont moyennageux, on arrive sur un plateau : craie, maisons blanches. Encore plus sec que le Quercy noir : voici le Quercy blanc. Aveuglant en cas de grande luminosité, arbres plus rabougris, végétation plus sèche. Mais que les maisons sont belles... Et ce jusqu'à Lauzerte (un des plus beaux villages de France que j'ai trouvé joli mais pas vivant, dommage).

COTEAUX DE MOISSAC :

Que l'on attaque dès la descente de Lauzerte. Vergers, vignes (chasselas), maisons en brique rose. Et ce jusqu'à Moissac.

LOMAGNE :

Briques roses mêlées à des galets : nous sommes bien dans une plaine alluviale. Partie un peu longue et monotone. Mais on termine par Auvillar (un des plus beaux villages de France, bien vivant celui-là, félicitations à la municipalité dynamique)

GASCOGNE BOSSUE :

Retour à un calcaire blond. Petit village de St Antoine fort joli, un village où on a envie d'habiter. Puis quelques étapes monotones. Nous sommes dans de riches terres à blé et à maïs et qui ne laissent pas une place ni à un coquelicot ni à aucune autre fleur messicole d'ailleurs. La flore sauvage est réduite à sa plus simple expression. Et les plans d'eau en fond de vallée qui servent à irriguer doivent être des concentrés de nitrates et autre produits sympathiques !

Par contre, je dois féliciter le département du Gers. Il faut voir le nombre d'arbres et de haies bocagères qu'ils ont plantés le long des chemins. Et on évite de marcher sur les routes par des chemins le long des cultures. Je n'ose pas imaginer le mal qu'ils ont dû se donner pour faire accepter un ou deux rangs de moins dans les cultures au profit des pèlerins...

GASCOGNE

Ou commence t'elle et où finit-elle ?

Je n'ai pas pu le déterminer exactement, peut-être parce que je l'ai moins aimée (pardon pour les habitants). A partir de Condom, nous sommes sur une région plus plate que j'ai appelée "Le pays où les gens aiment les arbres" parce qu'on y voit de vénérables arbres, principalement des chênes, que les habitants actuels, leurs aïeux et les aïeux de leurs aïeux, ont su préserver. Chapeau. Le pays où les gens aiment les arbres se poursuivra jusqu'au pays Basque. Après Montréal, nous entrons dans le vignoble d'Armagnac : Goûter SVP au "pousse-rapière" un vrai régal (eau de vie d'Armagnac avec vin mousseux du pays).

Terre collante en cas de pluie, que l'on appelle les boulbènes.

A partir de Manciet, moins de vignobles et retour de la brique rose. Terre devenant sableuse après Nogaro donc moins de boue. On touche aux Landes n'est-ce pas ?

A Eauze : l'Espagne pousse un peu sa corne, comme dit Nougaro : arènes, penas, quelques maisons de style basque commencent.

Vallée de l'Adour, plaine un peu monotone comme toutes les plaines.

A partir de Latrille : un peu plus boisé, cultures diversifiées, maisons à colombages et briques.

BEARN :

Là aussi, l'entrée exacte dans la région est peu frappante. Ou je n'ai pas bien vu, à vous de me le dire. La montée après Arzacq-Arraziquet est belle. Nous renouons avec les prairies et herbages. Revoilà les fleurs sauvages. Très beau. Très Béarn.

A Arthez de Béarn j'ai dormi au gîte du boulanger Mr Brousse. Un accueil plus que sympathique. Adorable. Et il fait des brioches avec des pruneaux qu'on appelle ici un "pastis" (en voilà un nom), faut lui en prendre une le matin en démarrant. On passe devant sa boulangerie, on n'a pas d'excuses pour ne pas en acheter une.

Puis nous redescendons dans la plaine des gaves : maisons en galets. Puis successions de plaines alluviales avec monocultures monotones et moutonnements et forêts. Fin du Béarn à Lichos.

PAYS BASQUE :

(passé la rivière le Saison). Bon très Basque quoi, (trop ?) Un peu de schiste, beaucoup de roches sédimentaires calcaires à priori et du grès rose vers St Jean. Je dis à priori car les maisons sont toutes tellement bien refaites que l'on n'arrive pas à entrevoir les moellons. L'habitat ancien ne fait pas ancien, heureusement qu'il y a les linteaux des portes pour nous indiquer l'âge des maisons. On ne sait pas de quoi les maisons sont faites...

Volets rouges, maisons blanches, y'a pas à dire, c'est beau dans le vert des moutonnements des prairies. Chiens un peu hargneux (c'est la seule fois où j'ai failli me faire mordre à Ostabat, sur 800 km, c'est pas un signe ça ?, décidément moi et le pays basque, ça colle pas).

Au fait, j'y ai vu des vers de terre géants !! 

 

J'ATTENDS AVEC IMPATIENCE VOS COMMENTAIRES, AVIS ET RÉFLEXIONS SUR CE SUJET QUI NE VONT PAS MANQUER DE ME PASSIONNER...


Douce courbure des charpentes, douces couleurs des toitures : nous sommes bien dans le Rouergue...

 

 



Article ajouté le 2008-06-23 , consulté 245 fois

Commentaires


philippe Geiger le 31/08/2008 à 18:04:03
Votre commentaire géographique est très intéressant, je l'ai beaucoup apprécié de plus vos photos de fleurs sont magnifiques, j'aurais aimé faire la marche avec vous. Ph Geiger
elisabeth torres le 31/08/2008 à 19:13:29
Effectivement, vous avez remarqué que la géographie m'a passionnée durant mon "périple", ce fût un réel plaisir et une grande émotion ; ceci + la flore. Imaginez un livre mêlant tout à la fois la géographie, la botanique et l'histoire : c'est ce que j'ai feuilleté.... à ciel ouvert ! Un régal mais il faut ouvrir les yeux, ressentir, mettre tous ses sens en mouvement.

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